La terrasse de cette maison de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le Var (83), était abritée par une pergola arrivée en fin de vie : poteaux repeints à plusieurs reprises, bois fatigué, assemblages qui avaient joué. GIRARD TP, couvreur charpentier installé à Peymeinade, a déposé l'ensemble et construit à la place une structure neuve en bois contre-collé, couverte en tuiles canal et protégée par une lasure complète.
Pourquoi déposer plutôt que réparer
Une pergola adossée n'est pas un simple élément de décor : elle reporte son poids et la charge de sa couverture sur la maçonnerie de la maison d'un côté, sur ses poteaux de l'autre. Quand les scellements ont travaillé et que les sections d'origine sont justes, une reprise ponctuelle ne règle rien. Repeindre revient alors à masquer l'état réel du bois plutôt qu'à le traiter.
La dépose a aussi permis de vérifier les points d'appui côté façade, invisibles tant que l'ancienne structure était en place. C'est le moment où l'on découvre les vraies surprises : un about de poutre gorgé d'humidité, une platine descellée, un appui qui n'a jamais été conçu pour la charge qu'il supporte.
Le bois contre-collé, un matériau de charpente
Le bois contre-collé est fabriqué à partir de lamelles purgées de leurs défauts, puis collées entre elles. Il en résulte des pièces beaucoup plus stables que le bois massif de même section : elles ne vrillent pas et ne se fendent pas en séchant, deux défauts courants sur une structure extérieure exposée en plein soleil.
Cette stabilité permet aussi de franchir des portées plus importantes à section égale. Sur ce chantier, elle a servi à dégager la terrasse : les poutres traversent l'espace sans poteau intermédiaire, et seuls les appuis d'angle descendent au sol. Un couvreur charpentier dimensionne ces pièces en fonction de la portée réelle et du poids de la couverture, pas au jugé.
Chanlattes et couverture en tuiles canal
Une fois l'ossature montée, la pergola a reçu une couverture traditionnelle en tuiles canal, posée sur chevrons et chanlattes. La chanlatte est un liteau placé en rive : elle relève le premier rang de tuiles et lui donne son assiette, sans quoi la tuile bascule et l'eau passe dessous. C'est un détail invisible une fois le chantier fini, et pourtant c'est lui qui tient la ligne d'égout.
Ce choix inscrit la pergola dans le vocabulaire du couvreur plutôt que dans celui du mobilier de jardin. La terrasse gagne un véritable abri, qui protège du soleil comme de la pluie, et la couverture reprend la même terre cuite que le toit de la maison.
La lasure, appliquée avant que le bois ne soit inaccessible
Une lasure ne se comporte pas comme une peinture. Elle pénètre le bois au lieu de former un film en surface, ce qui lui évite de s'écailler et laisse la matière respirer. Les poteaux verts de l'ancienne structure montraient précisément l'inverse : une peinture qui cloque, se décolle et retient l'humidité en dessous.
Le traitement a été mené sur toutes les faces, y compris celles qui deviennent inatteignables une fois les pièces assemblées. C'est la seule façon de protéger un ouvrage extérieur durablement, et cela se joue au moment du montage : après, il est trop tard.
Cette réalisation relève de notre activité de charpente, qui couvre aussi bien les structures neuves que la réparation de l'existant. Elle rejoint la couverture dès lors qu'il s'agit de poser des tuiles, car un abri de terrasse se couvre selon les mêmes règles qu'un toit. D'autres chantiers sont présentés sur notre page réalisations.