Cette maison de Cannes, dans les Alpes-Maritimes (06), possédait des combles que seule une ouverture de pignon éclairait. GIRARD TP, couvreur charpentier installé à Peymeinade, y a créé plusieurs fenêtres de toit : découpe des trémies dans le versant, reprise de la charpente autour de chaque ouverture, puis pose des châssis et façonnage de leurs raccords sur une couverture en tuiles anciennes.

Une fenêtre de toit est d'abord un travail de charpente

Percer un versant revient à couper des chevrons, donc à interrompre le chemin par lequel la charge de la toiture descend jusqu'aux murs. Le poids ne disparaît pas : il faut lui donner un autre trajet. C'est le rôle du chevêtre, deux pièces transversales placées en haut et en bas de l'ouverture, qui reportent l'effort sur les chevrons voisins. Ces derniers sont doublés pour l'encaisser.

Avant la moindre découpe, la structure est étayée par en dessous. Tant que le chevêtre n'est pas posé et chevillé, ce sont les étais qui tiennent le versant. C'est ce qui distingue la création d'une ouverture d'une simple pose : le dimensionnement dépend de la largeur visée et du nombre de chevrons interrompus, et cela se calcule avant de monter sur le toit.

Ce que l'on découvre en ouvrant

Sur un bâtiment ancien, l'état réel de la charpente n'apparaît qu'une fois les tuiles déposées. Ce chantier n'a pas fait exception : une poutre neuve a été mise en place en reprise de la structure existante, au-delà du seul encadrement des fenêtres. Un couvreur qui ouvre une toiture de cet âge doit prévoir cette éventualité plutôt que la découvrir en cours de route.

Le raccord d'étanchéité, là où tout se joue

Le châssis, lui, est étanche par construction. Ce qui prend l'eau, c'est la jonction entre la fenêtre et la couverture. Le raccord se compose d'une collerette qui ceinture le cadre et, en partie basse, d'une jupe en métal souple que l'on moule à la main sur le relief des tuiles.

Sur une tuile à fort galbe, ce moulage fait toute la différence : l'eau doit être conduite par-dessus la tuile suivante, jamais retenue par un joint. C'est un travail de couvreur zingueur, qui tient par la forme et le recouvrement des pièces, pas par du mastic. Les tuiles sont recoupées une à une autour du cadre, et l'écran de sous-toiture est repris sur tout le pourtour de la trémie.

Un chantier de centre-ville

Cannes impose ses propres contraintes : toitures mitoyennes, rues étroites, voisinage immédiat. L'accès au versant, la protection des abords et l'évacuation des gravats se règlent avant le début des travaux. Une toiture ouverte ne le reste que le temps nécessaire, et elle est bâchée dès que le chantier s'interrompt, ce qui suppose de surveiller la fenêtre météo autant que le calendrier.

Ce que change la lumière venue du toit

Une fenêtre de toit voit le ciel entier, là où une fenêtre verticale n'en capte qu'une portion. À surface vitrée égale, elle apporte donc nettement plus de clarté et la répartit plus uniformément dans la pièce, jusqu'au fond. Elle assure aussi la ventilation par le point le plus haut du volume, là où l'air chaud s'accumule.

C'est souvent ce qui rend des combles réellement habitables, une transformation qui touche autant à la charpente qu'à la couverture, et dont les raccords relèvent de la zinguerie. D'autres chantiers sont présentés sur notre page réalisations.