Sur les hauteurs de Châteauneuf-de-Grasse, dans les Alpes-Maritimes (06), cette villa attendait bien plus qu'un simple changement de tuiles. GIRARD TP, couvreur installé à Peymeinade, à quelques minutes du chantier, a repris le toit dans son intégralité : dépose totale jusqu'aux maçonneries, charpente reprise avec création d'arbalétriers, 40 cm de laine de bois soufflée, plancher de stockage, couverture sur plaques avec réemploi des tuiles anciennes, zingueries et gouttières créées, et l'unité photovoltaïque déposée puis reposée sur des supports neufs.

Échafaudage et monte-charge : les moyens d'un grand chantier

Le chantier a commencé par son installation : échafaudage autour de la maison et monte-charge en place. Sur une réfection de cette ampleur, le monte-charge n'est pas un confort. Des milliers de tuiles anciennes devaient descendre sans casse pour être triées, puis remonter pour être reposées : à la main, ce réemploi aurait été hors de prix, et une tuile fêlée en route est une tuile perdue pour le cachet du toit.

Une dépose totale, jusqu'aux maçonneries

Tout est descendu : les tuiles canal et leurs chanlattes, mais aussi les maçonneries d'arase, la cheminée démontée et l'unité solaire déposée. Le toit a été ramené à ses murs, ce qui est la seule façon de repartir sur des bases jugées plutôt que supposées.

Cette mise à nu a aussi révélé l'état des combles : une isolation en vrac fatiguée, des réseaux posés en travers, un volume encombré qui servait de débarras sans en avoir les moyens. Le programme des travaux s'est écrit là, sous les tuiles.

Charpente reprise et arbalétriers créés

La charpente a été reprise en profondeur, avec la création d'arbalétriers de support neufs, ces pièces maîtresses inclinées qui portent le versant et reportent la charge sur les murs. Les photos du chantier les montrent posés en travers du toit ouvert, en bois massif clair.

Une partie de la structure a également été créée au-dessus d'une terrasse existante, en s'adaptant à ses appuis. C'est le lot des villas qui ont grandi par étapes : chaque extension a sa structure, et la réfection doit les réunir sous un même plan de couverture sans imposer à l'ancienne partie des charges qu'elle n'a jamais portées.

40 cm de laine de bois soufflée et un plancher de stockage

Les combles ont d'abord été entièrement nettoyés et vidés, puis 40 cm de laine de bois ont été soufflés sur toute la surface, à la demande du client qui souhaitait un isolant écologique. Le choix est particulièrement pertinent sous le climat des Alpes-Maritimes : la fibre de bois se distingue par son déphasage thermique, cette capacité à retarder l'entrée de la chaleur, qui garde les pièces sous toiture vivables au cœur de l'été là où une isolation légère se laisse traverser dès midi.

Un plancher bois a ensuite été créé au-dessus, dédié au stockage. Les combles restent ainsi utilisables sans que les cartons n'écrasent l'isolant, car une laine comprimée perd l'air immobile qui fait toute sa performance.

Arases, rives et couverture sur plaques

Les maçonneries ont été reprises avant la couverture : arases des murs, rives, et l'entourage des cheminées reconstruit. Par-dessus, une couverture en plaques support de tuiles a été posée sur l'ensemble des versants. Les plaques forment un plan continu sous les tuiles, un second obstacle à l'eau, et leur profil reçoit la tuile canal sans un gramme de mortier.

Le réemploi des tuiles anciennes, pour le cachet provençal

C'est la signature de ce chantier : plutôt qu'une couverture uniformément neuve, les tuiles anciennes ont été triées une à une, conservées et reposées en couvert sur les pans les plus en vue. Leur patine, faite de décennies de soleil et de lichens, ne s'imite pas ; un toit qui la garde ne ressemble pas à un toit refait, et c'est précisément le but.

Les tuiles trop fatiguées ont été écartées et remplacées par des neuves, placées là où le regard ne s'attarde pas. Vu du village, le toit a retrouvé son âge sans garder ses faiblesses : le cachet provençal au-dessus, une couverture moderne dessous.

Zingueries, gouttières et entourages de cheminées

Tous les ouvrages métalliques ont été créés dans la foulée : gouttières à l'égout des versants avec leurs descentes, rives, et entourages des cheminées remontées. Sur un toit dont les tuiles ont soixante ans d'âge apparent, la zinguerie neuve reste discrète, et c'est elle qui fera durer l'ensemble : l'eau collectée à l'égout ne ravine plus les enduits, et les points singuliers sont construits au lieu d'être colmatés.

Le photovoltaïque reposé sur des supports neufs

L'unité photovoltaïque existante a été entièrement déposée avant la réfection, puis reposée sur la couverture neuve, sur des rails et des fixations neufs, aux normes actuelles. Ses anciens supports dataient de la pose d'origine, et remonter des panneaux sur des fixations vieillissantes au-dessus d'un toit neuf aurait été un contresens.

Ce va-et-vient est un vrai sujet de coordination : le couvreur règle l'étanchéité autour des ancrages pendant que la couverture se monte, et l'installation retrouve sa production sans qu'un autre corps de métier ait à rouvrir le toit ensuite.

Cette réfection réunit nos métiers de couverture, de charpente et de zinguerie. Châteauneuf-de-Grasse, Opio, Le Rouret et Valbonne sont au cœur de notre secteur : nos couvreurs y interviennent au quotidien depuis Peymeinade. D'autres chantiers sont présentés sur notre page réalisations.