Cette maison de Fréjus, dans le Var (83), portait une couverture en tuiles canal arrivée au bout de sa vie : tuiles poreuses et colonisées par les lichens, aucune protection sous les tuiles, et une jonction avec le bâtiment voisin rafistolée au mortier. GIRARD TP, couvreur installé à Peymeinade, a repris l'ensemble : dépose totale, écran de sous-toiture, contre-lattage et liteaunage neufs, tuiles à emboîtement, puis reprise en zinc des points singuliers.

Pourquoi une réfection complète plutôt qu'une réparation de plus

Sur la première photo, le diagnostic tient en deux détails. Les tuiles sont couvertes de lichens jaunes et de croûtes grises, signe qu'elles retiennent l'humidité au lieu de la rendre : une tuile en terre cuite devient poreuse en vieillissant, et l'eau qu'elle absorbe gèle, se dilate et la fait éclater de l'intérieur. Le second détail est la bande de mortier qui court à la jonction des deux niveaux de toiture, fissurée et rechargée au ciment à plusieurs reprises.

Reprendre ponctuellement une couverture dans cet état revient à changer les tuiles cassées en attendant les suivantes. Quand la porosité est généralisée et que la toiture n'a jamais reçu d'écran, la réfection complète coûte moins cher à l'échelle d'une décennie qu'une succession d'interventions.

La dépose, premier vrai diagnostic du couvreur

Tuiles et liteaux ont été déposés sur la totalité des versants, ce qui met la charpente à nu et permet enfin de la voir. C'est à ce moment qu'un couvreur vérifie l'état réel des bois, repère les pièces attaquées et contrôle la planéité des versants. Rien de tout cela ne se juge depuis le sol, ni même depuis le toit tant que la couverture est en place.

L'écran de sous-toiture, la protection qui manquait

L'ancienne couverture reposait directement sur ses liteaux, sans écran de sous-toiture. C'est le cas de la plupart des toitures anciennes, et c'est ce qui les rend vulnérables : la tuile est un premier rempart, pas une étanchéité. Sous une pluie battante poussée par le vent, de l'eau passe toujours entre les recouvrements.

L'écran forme la seconde barrière. Il recueille ces infiltrations, les conduit jusqu'à l'égout et protège la charpente ainsi que l'isolant. À Fréjus, où les épisodes méditerranéens d'automne déversent en quelques heures ce qui tombe ailleurs en un mois, cette seconde ligne n'a rien d'un supplément de confort.

Contre-lattage et liteaunage : faire respirer la couverture

L'écran ne se cloue pas directement sous les liteaux. Un contre-lattage vient d'abord dans le sens de la pente, et les liteaux se fixent par-dessus. Ces tasseaux ménagent une lame d'air continue entre l'écran et les tuiles.

Cette lame d'air fait deux choses : elle évacue par ventilation la condensation qui se forme en sous-face des tuiles, et elle laisse s'écouler l'eau que l'écran a recueillie sans qu'elle stagne contre le bois. Sans contre-lattage, un écran de sous-toiture crée le problème qu'il devait résoudre.

Des tuiles à emboîtement adaptées au climat de Fréjus

La couverture a été reposée en tuiles à emboîtement, dont le profil plat et les rainures latérales assurent un verrouillage entre éléments voisins. Sur un site exposé au vent comme la plaine de Fréjus, ce type de tuile se comporte mieux qu'une tuile canal simplement posée : chaque rang tient ses voisins, et les fixations mécaniques prennent le relais aux endroits sensibles que sont les rives, l'égout et le faîtage.

Les rives ont d'ailleurs été équipées de bandes métalliques, visibles sur les photos de chantier. Elles ferment le bord du versant là où le vent cherche à s'engouffrer, et elles évitent les scellements au mortier qui se fissurent.

Le solin en zinc, à la place de la bande de mortier

La jonction entre les deux niveaux de toiture a été entièrement reconstruite. Le mortier fissuré a laissé place à un support en bois neuf, puis à un solin en zinc façonné sur place par le couvreur zingueur, avec sa bavette qui recouvre les tuiles et son relevé qui remonte contre l'ouvrage supérieur.

La différence est de nature, pas de qualité d'exécution. Un scellement au mortier est rigide alors que les matériaux qu'il relie bougent avec la température : il finit toujours par se fendre. Un solin métallique accompagne ces mouvements et conduit l'eau par recouvrement plutôt que par collage. C'est le travail de zinguerie qui décide de la tenue d'une toiture dans le temps, bien plus que la tuile elle-même.

Un faîtage à sec pour ventiler le comble

Le faîtage a été monté à sec, sur closoir ventilé, et non scellé au mortier. Les faîtières sont fixées mécaniquement sur une bande souple qui épouse le relief des tuiles et laisse passer l'air tout en arrêtant l'eau, les insectes et les oiseaux.

L'air entre en partie basse par l'égout et ressort au faîtage : la lame d'air ménagée par le contre-lattage n'a de sens que si elle débouche. Ce détail termine la logique de l'ensemble, où chaque couche répond à celle qui la précède.

Cette réfection relève de notre activité de couverture, avec la reprise des points singuliers qui appartient à la zinguerie et le contrôle des bois à la charpente. Nos couvreurs interviennent à Fréjus et dans le Var limitrophe depuis Peymeinade. D'autres chantiers sont présentés sur notre page réalisations.